Colloque SAUSSURE ET LA PSYCHANALYSE

Centre Culturel International de Cerisy-La-Salle : du 02 au 12 août 2010

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Lire Saussure comme Freud et ses successeurs ont lu Schreber? Comme on lit Wolfson?
Ce "'mal' sous les mots" sous-jacent à la biographie et aux écrits de Saussure, au-delà de ses fantomatiques anagrammes, interpelle à la fois les recherches sur le langage et sur l’inconscient. Car "[le mal], ... s’il attaque le moi et le corps, il s’en prend tout aussitôt et du même coup à ce qui les conjoint ensemble: le langage" (M. Pierssens, 1976). Si "tout dans la psychose passe par le langage"(Gilles Deleuze, 1970), ce dernier, dans ses rapports à l’inconscient — "normal" ou "pathologique" — y est à la fois mobile, symptôme et antidote donnant lieu à une paragrammaire qui rassemble patients, linguistes, poètes, fous littéraires. Saussure en ce point rencontre tout "un peuple de la parole": Mallarmé, Proust, Wolfson, Schreber, Unica Zürn, Roussel, Brisset, Artaud, Pichon, les patients "Z", "Renée" ... tous en quelque sorte des "logophiles", "naufragés de l’alphabet", dans la tourmente de la langue. Chez ces sujets en souffrance de pensée et de langue, au rebours du temps et de toute convention, l’accent est mis sur un attachement démesuré aux mécanismes du langage, notamment sous ses aspects formel et sonore, au détriment du sémantique. Ici, langue et lalangue (Lacan), grammaire et paragrammaire, normal et pathologique, psychanalyse et linguistique entretiennent des rapports plus étroits qu’on ne peut souvent le soupçonner...
Le présent colloque invite, d’un côté, à réfléchir sur Saussure vis-à-vis de l’œuvre de Freud et Lacan, et souhaite, d’un autre côté, attirer l’attention sur le drame inhérent à la biographie de Ferdinand dont la souffrance est passible d’analogies vis-à-vis d’autres "cas".

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